Grand moment de solitude à quelques centimètres de là. Tant de questions se bousculent. Et si je me trompais, et si j'avais mal compris. J'aurai jamais dû sauter. Mais c'est trop tard, je m'approche de la collision et , et je ferme les yeux. Quelques précieuses secondes me séparent de ce que sera le nirvana ou la fin.
On m'a toujours dit d'apprendre de mes erreurs, j'essaye, je veux réussir. Ainsi j'ai pris les devants et je n'ai plus voulu attendre davantage de temps. Cette décision, ça faisait déjà des semaines que j'aurai du la prendre. J'avais trop mal. J'voulais le faire mais, la peur me tiraillait le ventre et me donnait la nausée. Peur de rater et d'être encore plus mal après. Peur de ce que les autres pourraient penser. C'est toujours un sujet tabou dans notre société.
Mais, j'ai pris mon courage à deux mains, il était lourd, vraiment lourd. Et quand j'ai enfin réussi a le soulever, il s'est transformé en plume et s'est envolé. Elle a tourbillonné un moment dans le ciel pluvieux. Si vous m'aviez vu, courir après désespérément. Vous auriez bien ri. Oui, car derrière le courage, il y a l'espérance, l'espérance de voir finir cet état de corps ridicule, recroquevillé. Alors j'ai couru, couru ...
Quand je l'ai enfin récupéré, me suis dit qu'il était trop tard, déjà nuit depuis des heures, on verra demain, il fera jour. Si je me jette a l'eau autant qu'on me voit.
Donc, ce matin j'ai mis mes plus beaux vêtements et je suis parti, ou venu, ça dépend.
Avant, j'ai regardé par la fenêtre, des toits, des toits a perte de vue. Je ne dois surement pas être la seule. Mon courage avait un peu fléchi encore humide de la veille. Mais je ne pouvais plus reculer : le grand saut.
Voila a quoi j'ai pensé pendant ces quelques secondes entre ces deux mondes. Et puis, au moment de la rencontre entre ces deux corps étrangers Tout m'est revenu : notre rencontre, ton visage, ton rire, tes peines, tes joies.
Ce sera le nirvana.
post scriptum : ceci ne fut qu'une malheureuse fiction tant esperée.
05/10/2008 ( achevé à 03H02 )